tropicale amissa bongo
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Odette Kingbo, Secrétaire Permanente du Fonds National de Développement du Sport (FNDS)
Peu ou mal connues de nombres de Gabonais, les missions du Fonds national de développement du sport (FNDS) sont clairement détaillées dans cette interview d’Odette Kingbo, Secrétaire permanente de cette structure. Mme Kingbo évoque également le lien entre le FNDS et la Tropicale Amissa Bongo, dont la 6e édition démarre le 25 janvier prochain.

© Arias Danger Aimée/Static - Odette Kingbo, Secrétaire Permanente du FNDS
 
 

Pouvez-vous présenter le Fonds national pour le développement du sport ?

«Le Fonds national de développement du sport (FNDS) est une structure créée par le gouvernement pour suppléer au financement des activités du sport par rapport au budget de l’Etat. Donc le FNDS est issu des taxes des jeux de hasard (4%) et finance les activités visant au développement du sport.

Nous vous connaissons beaucoup plus dans le cadre de la Tropicale, qu’est-ce que le FNDS finance d’autre en dehors du cyclisme ?

Le FNDS finance toutes les fédérations sportives reconnues au niveau de notre pays, chaque année en début d’exercice budgétaire la Direction générale de la Jeunesse et des Sports dresse la liste des activités à financer et cela dépend du programme des fédérations et de leur vivacité. Les projets sont amenés ici au FNDS pour un financement.

Peut on dire que la Tropicale prend le gros du fonds, parce qu’il semble que dans vos locaux il y a à côté les membres de la Tropicale ?

Non, la Tropicale est une compétition sportive qui a lieu au mois de janvier, disons une semaine dans l’année, mais le FNDS est là toute l’année. Il se trouve que la personne que je suis s’occupe des deux activités, c’est pourquoi la tropicale est logée au niveau du FNDS.

Il nous avait semblé que la Tropicale venait se faire avec ses propres moyens, or là on sent bien que le fonds contribue à l’organisation de cette compétition. Concrètement, comment ça se passe ? Quel est l’apport financier du FNDS par rapport à la Tropicale ?

La Tropicale est un très grand événement, qui ne peut malheureusement se gérer elle-même, elle a besoin de l’appui de l’Etat. Le FNDS ne vient que suppléer le budget de l’Etat. La tropicale est gérée à 60% par l’Etat, 30% par les partenaires et 10% par le FNDS.

Vous avez parlé de promiscuité tout à l’heure avec l’organisation de la Tropicale, alors quel est le rôle de madame Kingbo par rapport à la Tropicale proprement dit ?

Madame Kingbo est d’abord une grande sportive et donc la mission qui m’est dévolue ici, c’est le secrétariat permanent, c’est-à-dire en l’absence des experts, c’est moi qui gère la Tropicale au niveau national. C'est-à-dire je requière toutes les informations, toutes les doléances, et j’essaye de résoudre les problèmes qui se posent.

Est-ce qu’on peut avoir une idée du budget global du FNDS en moyenne chaque année ?

Ce n’est pas un secret, le budget du FNDS apparait dans la Loi des finances.

Qu’est-ce que la Tropicale apporte par rapport au développement des provinces ? Qu’est ce que la Tropicale apporte par rapport à l’organisation ?

Merci, si cela ne rapportait rien, nous ne serions pas là et moi la première, la Tropicale est une vitrine du Gabon. Il y a des gens qui connaissent le Cameroun à travers son football, on pourra connaitre le Gabon à travers la Tropicale, parce qu’il y a des gens qui sont venus au Gabon pour la tropicale, donc ils se souviendront que la Tropicale c’est le Gabon. A qui cela profite-t-il ? Au tourisme, par l’achat des titres de transport, la location des chambres d’hôtels, les restaurants des sites visités par la caravane.

Tv5 monde couvre cette compétition, que nous soyons dans n’importe quel coin du monde francophone, on voit la Tropicale, si ce n’est pas une vitrine…

Loin des guerres, des calamités naturelles, des crises politiques, parler de sport, c’est bien. Et ensuite lorsqu’il y a la Tropicale, les routes sont refaites, les trous sont colmatés. Voir les champions qu’on ne voit qu’à la télévision lors du Tour de France. Hé ben, ces mêmes joueurs viennent chez nous au Gabon, ils sont là, on peut les toucher et discuter avec eux, les interroger, c’est le sport, le sport unit les peuples.

Il y a également que la Tropicale Amissa Bongo est une course atypique de l’Union cycliste internationale (UCI), où les professionnels et les amateurs se côtoient. Les premières éditions, vous étiez là, vous avez vu l’écart qu’il y avait à l’arrivée entre les équipes amateurs et professionnelles, aujourd’hui cet écart est réduit, il ne pourra pas être annulé parce que les professionnels seront toujours en avant, parce que c’est leur métier de courir. Ils ne font rien d’autre que çà par rapport aux sportifs gabonais qui attendent un mois avant l’échéance avec une ambiance particulière pour se mettre en route. Les équipes africaines avec beaucoup de travail et de discipline deviennent de plus en plus performantes, l’écart est de moins en moins criard.

Et le Gabon est une belle vitrine qui vend du sport. Vous avez vu les pays les plus industrialisés se battent pour organiser des jeux olympiques, des coupes du monde et nous ? Notre tropicale embrassons là, elle est là, c’est comme une CAN, elle n’a peut être pas la même portée mais c’est du sport qui fait venir des gens, il y a du tennis qui se joue en ce moment en Australie alors que tout est submergé par les eaux, et qu’il y a des problèmes de survie mais il y a un tournoi qui est entrain de se jouer. C’est pour permettre aux gens d’oublier un peu leurs soucis et de s’évader à travers le sport, c’est l’opium çà soigne.

Au sujet du développement du cyclisme gabonais, vu que vous venez de parler de l’écart qui se réduit, pensez-vous que le comportement des cyclistes gabonais dans les compétitions inter africaines, notamment le tour du Cameroun ou le tour du Faso, que leurs performances se sont améliorées depuis que nous accueillons la Tropicale ?

Oui le comportement s’est amélioré, mais pas comme il aurait du l’être, je m’explique : déjà je vais vous signaler deux déplacements de l’équipe gabonaise qui est allée à la boucle du coton au Burkina Faso et au tour de Côte-d’Ivoire avant les élections. Ils ont eu ces deux compétitions cette année et ils sont aussi allés de manière un peu dispersés au tour Chantal Biya du Cameroun. Franchement je ne vous dirai pas que la Fédération du cyclisme est la meilleure dans notre pays et favorise le développement harmonieux du cyclisme quand nous savions se qui s’y passe. Mais nous disons et je me souviens que, lorsqu’on cherchait une activité majeure dans le sport qui puisse donner la cohésion à tout le monde, nous avons avec les ministres de l’époque choisi le cyclisme parce qu’il était déjà à cette période au creux de la vague, il y avait un bicéphalisme, de la guéguerre, et beaucoup des problèmes et on s’était dit qu’en s’occupant de cette discipline, on pourrait résoudre les problèmes. Six ans après, les problèmes sont les mêmes et voila le cyclisme n’arrive pas à décoller.

A quelques jours du démarrage de la Tropicale, qu’est-ce que vous pouvez dire de cette édition 2011 qui se prépare ?

Ce sera une belle édition, le chef de l’Etat dans sa politique d’intégration régionale nous aide à aller au Cameroun. Nous allons donc atteindre Ebolowa. Nous y sommes allés en précurseurs, nous irons encore demain et vraiment c’est l’apothéose là-bas parce que nous sommes bien accueillis et donc nous espérons que tout se passera bien pour que le rêve des deux leaders de nos deux pays puisse se réaliser celle de voir l’intégration régionale avec la libre circulation des personnes et des biens., il s’agit d’une fête, et que les uns et les autres soient fair-play, on sait d’avance que les Gabonais ne vont pas gagner parce qu’ils ne sont pas professionnels, les Gabonais pourraient s’intéresser parce qu’ il y a la crème des professionnels cette année. Vive la Tropicale.»

Publié le : 24/01/2011
Source : 
gaboneco.com
Auteur : 
gaboneco
   
 
 
 
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